individual :
Sa famille est inconnue. Les seuls indices à la disposition des historiens sont plusieurs diplômes carolingiens :
le premier, qui est de l'empereur Charles le Gros, qualifie Engelbergede soror,
un autre, toujours de l'empereur Charles le Gros, qualifie Ermengarde,fille d'Engelberge, de nepotis,
un troisième, de Carloman, qualifie Engelberge de soror,
un dernier, de Louis II le Jeune, qualifie son archiministre Suppon deconsobrinus de l'épouse de l'empereur.
À partir de ces maigres données, plusieurs hypothèses ont été proposées:
1 - Les auteurs italiens pensent que le qualificatif de soror fait référence à une parenté spirituelle et considèrent que Louis II le Germanique, père de Carloman et Charles le Gros, est parrain d'Engelberge.
2 - Maurice Chaume traduit soror par « belle-sœur » et voit dans Engelberge une sœur de Richarde, femme de Charles le Gros, et fille d'Erchanger II, comte de Nordgau.
3 - Partant de la référence à Suppon, d'une affirmation de J. du Bouchet dans un texte de 16465 et reprenant les suppositions des auteurs italiens à propos d'une parenté spirituelle entre Louis III le germanique et Engelberge, Eduard Hlawitschka en fait une fille d'Adalgise Ier, ducde Spolète et comte de Parme en 8356. Cette thèse est encore officiellement admise
4 - Jean-Noël Mathieu remarque que le prénom de Willa ou Guille apparait chez une fille d'Ermengarde, que les autres quartiers connus de Willane permettent pas d'expliquer ce prénom que Jean-Noël Mathieu rapproche des Guilhelmides. Il reprend le qualificatif de soror de Carloman etCharles le Gros, propose qu'Engelberge soit leur sœur utérine, c'est-à-dire fille d'un Guilhelmide et d'Emma, remariée ensuite à Louis le Germanique. Sachant que ce remariage se fait en 827, il propose d'identifier le père d'Engelberge au comte Thierry d'Autun († 826), fils de Guillaume de Gellone. Mais pour expliquer la parenté avec les Supponides, ilrapproche le prénom de Cunégonde, présent dans cette famille, de celuide la première épouse de Guillaume de Gellone. Les Supponides passent également pour être alliés au roi Bernard d'Italie, marié à une probablepetite-fille de Guillaume. Le problème est que le comte Thierry d'Autun est traditionnellement donné comme née de Guibourg, la seconde épousede Guillaume
Elle épouse vers 851 ou 852 Louis II le Jeune, que son père Lothaire Ier a investi de la dignité impériale en 850. Lothaire meurt en 855 et Louis hérite de l'Italie. Vers 868, elle organise une entrevue entre le pape Adrien II et son beau-frère Lothaire II qui cherche à résoudre sa situation matrimoniale, espérant répudier son épouse Teutberge, épousersa maîtresse Waldrade et légitimer leurs enfants. Mais l'entrevue est un échec et Lothaire II meurt le 8 août 869 sans fils légitime9.
Il semble qu'Engelberge accompagnait son mari lors d'une expédition contre Adalgis, prince de Bénévent, et lorsque ce dernier est capturé en aout 871. C'est l'évêque de Bénévent qui a réussi à négocier et obtenirla libération. Louis II meurt le 12 avril 875
Veuve, elle devient religieuse en rejoignant l'abbaye Saint-Sauveur deBrescia en 868, où elle succède à sa fille Gisèle. En 880, son gendre Boson se proclame roi en Provence et l'empereur Charles le Gros soupçonne Engelberge de le soutenir, aussi la fait-il enfermer dans un couventen Alémanie, pour lui permettre de revenir en Italie en 882, après la défaite de Boson. Elle favorise l'accession de son petit-fils Louis au royaume, avant de se retirer dans l'abbaye Saint-Sixte de Plaisance en 896