Femme Jeanne TERRAIL

Née le 1506
Décédée le 1580 à l'âge de 74 ans
🌳 Voir l'arbre

👤 Informations principales deFemmeJeanne TERRAIL

Naissance : 1506
Décès : 1580

📅 Événements

👶 Naissance , 1506
💑 Mariage , 28 août 1525 à La Côte-Saint-André, 38260, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes, France
✝️ Décès , 1580
⚰️ Sépulture

📝 Notes

individual :
Bayard ne s'est jamais marié. Il a eu cependant une fille appelée Jeanne. On ne connaît – pour l'instant – rien de la vie de Jeanne avant sonmariage, sauf ces phrases d'Expilly : le chevalier ne fut point marié,mais il eut une fille naturelle d'une belle demoiselle de la maison deTrecque à Cantu, entre Milan et Cosme. Il fit soigneusement nourrir etélever cette fille qui s'appelait Jeanne et l'aima autant que si elle eut été légitime.
Nous possédons l'acte de mariage de Jeanne avec François de Bocsozel, en 1525 (arch. de Lyon, fonds Morin-Pons), un peu plus d'un an après lamort de son père. Cet acte a été rédigé par le notaire Jacques de Mailles (identifié avec le Loyal serviteur). A ce mariage, assistaient ses deux oncles évêques et des nobles du Dauphiné dont Aymar du Rivail. Jeanne est désignée dans cet acte comme fille de Bayard, sans mention de samère.

En 1513, Bayard se faisait soigner à Grenoble après une grave blessurereçue à Pavie. La reine de France, Anne de Bretagne, écrit à l'évêque de Grenoble, Laurent Allemand, oncle de Bayard, pour s'informer de la santé du blessé, lui proposer ses propres médecins et évoquer son mariage. L'évêque à répondu à la reine qu'il [Bayard] ne scet encores que veult dire se marier. Il laisse entendre ensuite assez obscurément que Bayard auraient plusieurs filles, de mères différentes. Or il n'existe aucun autre texte qui attribue des sœurs à Jeanne et aucune n'est citée dans son acte de mariage.

D'autres actes officiels postérieurs témoignent amplement de l'existence de Jeanne. Son père lui avait légué un domaine, celui d'Eydoche, autrefois propriété de la famille Bocsozel, mais qui avait échu au 16e siècle dans celle des Rabot. Le chevalier, peu avant sa mort, avait rachetéEydoche aux Rabot en prévision du mariage de sa fille avec Bocsozel. Apartir de 1535, les Rabot intentent à Jeanne procès sur procès pour récupérer Eydoche, prétextant que Bayard avait abusé de son pouvoir de lieutenant général pour s'approprier ce domaine. Ces procès dureront jusqu'en 1548, date où le roi Henri II rend visite à Jeanne (sur intervention d'Aymar du Rivail) et clôt la procédure judiciaire en lui attribuantdéfinitivement Eydoche par lettres patentes. En même temps, il lui restitue une importante somme d'argent que Bayard avait prêtée à son pèreFrançois Ier, somme qui jusqu'ici n'avait pas été rendue. Notons que cette somme est restituée à Jeanne et qu'il n'est pas question d'autres ayant droit.

Jeanne est devenue veuve très jeune. François de Bocsozel est mort en effet en 1532 en lui laissant 5 enfants : Pierre (marié, veuf, puis religieux), Jean (père d'une fille, Cassandre), Piraud (religieux, puis poète, aventurier, amoureux de Marie Stuart, décapité en Ecosse), Soffrey,Françoise (mariée, puis veuve et abbesse). Seul Soffrey a eu une longue descendance connue dont l'avant-dernière représentante, Anne-Sophie de Bocsozel (1754-1834), baronne d'Anthénas, a assisté à l'inaugurationde la statue de Bayard à Grenoble, place St-André en juin 1823.
Aucun des deux premiers biographes de Bayard n'accordent la moindre mention à Jeanne, ni d'ailleurs à un quelconque enfant de Bayard. Le juriste Expilly en 1621, a réédité l'ouvrage du Loyal serviteur. Il a vouluy ajouter quelques pages personnelles dont un commentaire sur la mère de Jeanne. Il semble qu'il se soit informé auprès de ses petits-enfants: ceux-ci lui auraient affirmé que leur arrière-grand-mère était une noble italienne, nommée Barbe Trecchi (ou de Trèque), et que Bayard lui aurait promis le mariage sans pouvoir honorer son engagement : ceux de la maison de Trèque font voir quelques lettres du chevalier Bayard, parlesquelles il faisait espérer à cette damoiselle qu'il l'épouserait. Ils'avérera par la suite (fin du 19e s.) que cette lettre était un faux1.

Voilà tout ce que les textes de l'époque nous apprennent sur Jeanne Terrail de Bayard. Cependant, au 20e siècle, André Baroz, pour rédiger sonlivre Chevaliers de Malte en Dauphiné, a étudié les preuves de noblesse des chevaliers de Malte. L'un d'eux, François de Bocsozel-Montgontier, est l'arrière-petit-fils de Jeanne. Pour être admis dans cet ordre, il fallait faire preuve d'au moins 8 quartiers de noblesse, sans aucunebâtardise, excepté pour les descendants de rois ou de princes régnants.Or les examinateurs de Malte – habituellement très sévères – n'ont émis aucune réserve en 1631 sur les preuves fournies par ce candidat, quia donc été admis. Cette admission est extrêmement troublante et penchepour une bâtardise princière de Jeanne.